L’ancienne colonie portugaise rétrocédée en 1999 à la Chine tente de diversifier son offre pour pallier les nouvelles mesures anti-corruption mises en place par les autorités chinoises. Le paradis du jeu chinois traverse en effet une crise sans précédent.


Macau a depuis longtemps dérobé à Las Vegas son titre de première capitale mondiale du jeu avec sa cinquantaine de casinos et des recettes 7 fois plus élevées. En 2013, elle enregistra un nouveau record avec des revenus en progression de 19% et un chiffre d’affaires de 45 milliards de dollars.

Mais depuis janvier 2014 les recettes ne cessent de chuter comme en atteste le Bureau d’inspection et de coordination du jeu de Macau avec une baisse de 36,5 % sur les 8 premiers mois en 2015, le mois de février ayant accusé une baisse sévère de 50% et le mois d’août un recul de 35,5% par rapport à l’année précédente.

D’après le bureau des statistiques de Macau les dépenses touristiques ont également diminuées de 20,6% au deuxième trimestre et de 10,2% au troisième trimestre.

Les salles VIP qui constituent la source de chiffre d’affaires la plus importante ne cessent de fermer les unes après les autres tandis que les hôtels et casinos sont contraints de recourir aux licenciements et aux coupes salariales et que les projets de construction comme celui du complexe The Parisan sont retardés.

Cet effondrement s’explique tout d’abord par la mise en place par Pékin de restrictions de visas pour Hong-Kong et Macau alors que 2 clients sur 3 proviennent de Chine continentale, mais aussi et surtout par la campagne anti-blanchiment d’argent engagée depuis 2 ans par le Président Xi Jinping.

A Macau, l’argent liquide était monnaie courante et les clients n’étaient jamais interrogés sur la provenance de leurs fonds, « Macau servait de plateforme à distribuer des pots-de-vin à ceux qui faisaient des affaires en Chine continentale. », souligne Matthew Liu professeur agrégé de marketing à l’Université de Macau.

La part de marché des casinos de la seule région chinoise à autoriser les jeux d’argent est réalisée par les VIP et « baleines » des salons privés à hauteur de 70%, contre 30% à Las Vegas et 50% à Singapour, la nouvelle destination à la mode pour les jeux d’argent. Mais Pékin veut désormais que le jeu soit d'avantage régulé, ce qui oblige Macau à modifier son modèle qui reste encore trop tributaire de l’industrie du jeu.

Macau prend donc exemple sur Las Vegas et son Strip où seuls 30% des recettes proviennent du jeu, le reste englobant les restaurants, hôtels, boîtes de nuit et spectacles divers. A cet effet, certains grands groupes et promoteurs tels que Las Vegas Sands, Wynn et MGM Resorts International ont une longueur dans le développement de nouveaux équipements et infrastructures à visée touristique.

Le géant américain des jeux Sands fait ainsi figure de précurseur sur la péninsule chinoise. Il est à l’initiative de l’hôtel The Venetian ouvert en août 2007, une reproduction de Venise. La réplique de l’hôtel du même nom à Vegas s’étend sur 5 km² de terrain et compte 3 000 chambres, 350 boutiques, 20 restaurants et une salle de spectacles d’une capacité de 15 000 places.

L’ouverture de 25 nouveaux hôtels est également prévue sur la zone, ce sont des milliers de chambres, des restaurants et bars, et l’un des plus grands centre commerciaux du monde jamais construits qui verront le jour en simultané.

L'hôtel & casino cinq étoiles Galaxy Macau fait aussi figure d'exemple. Inauguré le 15 mai 2011 il est l'un des plus grands complexes hôtelier d'Asie et à récemment inauguré de nouveaux salons de jeux vip. Cependant, avec ses 2 200 chambres mais aussi ses nombreux spas et piscines, sa quarantaine de restaurants, sa « promenade shopping » qui regroupe les plus grandes enseignes, et surtout son magnifique « China Rouge » qui regroupe dix lounges bars, le Resort est prêt à répondre à la nouvelle demande.


Venetian, Macau

Credit : Las Vegas Sands Corp