L’APE ou Agence des Participations de l’État et la Bpifrance envisagent sérieusement de privatiser la FDJ afin de renflouer les caisses de l’État. Avec 26 millions de joueurs à son actif, cette société de loterie arrivée deuxième loterie au niveau européen et quatrième loterie au niveau mondial est actuellement la proie de Bruno Lemaire, lequel compte, en le privatisant, faire entrer la somme de 10 milliards d’euros dans la caisse de Bercy.


D’un côté, les motivations qui poussent l’État à privatiser la FDJ ne sont plus inconnues du grand nombre. D’un autre côté, les arguments en faveur de la conservation de la FDJ dans le giron de l’État s’avèrent tout de même nombreux et vont vers la mise en place d’une nouvelle Politique des Jeux.


Pour Jean Marc Vittori, il ne fait aucun doute que si l’État privatise partiellement la Française Des Jeux, il en tirera plus tard des bénéfices en accord avec les desseins présidentiels car cette privation, si elle est opérée partiellement, s’accompagnerait potentiellement d’une refondation de la Politique Des Jeux dépassant les recommandations de la Cour des comptes.


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Il reste à savoir si l’actuel ministre de l’Économie, Bruno Lemaire tiendra compte de ces arguments stratégiques ou s’il se ralliera à l’idée de l’actuel Président français Emmanuel Macron qui, alors ministre de l’Économie, voulait mettre en vente la FDJ.


Les ambitions de l’actuel occupant de l’Élysée de sortir de l’ancien monde, de dépasser les méthodes traditionnelles et les anciens blocages pourraient effectivement causer un bouleversement au sein de l’industrie des JHA.


Néanmoins, les opérateurs peuvent se servir de l’élan du chef de l’État pour mieux afficher leurs ambitions, valoriser leurs atouts et afficher leurs influences tant culturelles qu’économiques ainsi que leurs histoires.


Après tout, les problématiques mises en avant par Emmanuel Macron sont bien connues, en l'occurrence le développement économique, la marque « France », l’importance de simplifier et d’amoindrir la règlementation ou encore la nécessité d’abaisser les taxes et impôts pour favoriser l’industrie des jeux de hasard et d’argent.


Les avantages qu’apporterait la privatisation de la FDJ


L’État détient la FDJ jusqu’à 72 % pour le moment. En la privatisant totalement ou partiellement, les jeux sous droits exclusifs seraient alors ouverts aux joueurs, leur offrant ainsi plus de liberté et de choix. Parmi ces jeux, on compte des loteries, des jeux de grattage ainsi que des paris sportifs.


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De même, cette entreprise dirigée par Stéphane Pallez perdrait son monopole dont elle fait souvent usage et parfois même objet d’abus. Les faits incriminants la FDJ sont nombreux et auraient pu être révélés au grand jour.


On parle de scandale de l’aléatoire prépondérant, de conflits d’intérêts, d’abus de position dominante, de prix élevé de ticket de loto, de tickets gagnants périmés, de manque de transparence et d’absence de consumérisme ludique au détriment de l’intérêt des joueurs.


Plus fondamentalement, le fait de privatiser la FDJ permettrait à l’État de ne plus passer pour un État croupier qui exploite son peuple avec des jeux de hasard et d’argent. Parallèlement, les casinotiers seront satisfaits de cette privatisation du fait qu’ils s’opposent à cette monopolisation.


En quoi conserver la FDJ serait la meilleure option ?


Même si l’affaire de privatisation de la FDJ revient sans cesse sur le tapis, il semble que des arguments militent également pour sa conservation. D’un point de vue économique, il serait plus avantageux pour l’État de céder la Banque Postale plutôt que la FDJ du fait que la Banque Postale est également une société non cotée moins lucrative que la FDJ.


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De plus, la somme engrangé par l’État dans la privatisation de la FDJ ne perdurerait que très peu de temps et ne règlerait pas durablement la santé financière de l’État. Ce dernier perdrait un revenu quotidien en perpétuelle expansion depuis dix ans pour rien de concret en retour. De plus, l’État perdrait une société symbolique de par l’appellation « Française » des jeux.


En privatisant la FDJ, l’État français ouvrirait les jeux de hasard et d’argent à la concurrence mais ce n’est pas forcément le souhait des joueurs. Même si les jeux d’argent s’en trouvent démultiplier, rien n’indique qu’il faille passer par cette phase de privatisation pour augmenter la fiscalité ludique.


Si la privatisation de la FDJ a réellement lieu, l’État aura du mal à responsabiliser les joueurs et à protéger les personnes vulnérables. Par contre, si l’État conserve la FDJ dans son giron, il lui faudra assumer son statut d’État croupier et recadrer entièrement sa politique de jeu responsable.


Faire de la FDJ une référence mondiale


D’un point de vue global, si la FDJ atterrit dans la sphère privée, le gouvernement aura du mal à mettre en œuvre sa Politique des jeux. Par conséquent, ce qu’il faut c’est inscrire la Française Des Jeux dans une nouvelle politique de développement de l’industrie des jeux et l’harmoniser avec le dessein présidentiel.

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En faisant cela, la France rayonnera en Europe mais aussi dans le monde en implantant par exemple un casino international à Paris. Finalement, la non-privatisation de la FDJ est un excellent impôt démocratique en ce que les joueurs la paient volontairement et que les non-joueurs ne s’en acquittent pas.


Pour finir, le gouvernement pourrait lancer une loterie mondiale caritative pour aider les plus démunis et ainsi créer une solidarité internationale. Une pareille œuvre humanitaire serait plus célèbre que la flat taxe sur des billets d’avion mais aussi plus rentable que la taxe Tobin sur les transactions financières.


Si l’État et les opérateurs ludiques arrivent à s’entendre sur la mise en œuvre d’un même objectif commun, il est certain que la France se démarquera tant au niveau national qu’international.